Hielo Continental sur France Inter

10 09 2009

Dimanche 13 septembre dans l’émission Crumble de 12h00 à 13h00, Christian Clot et Mélusine Mallender vous racontent un peu de l’expédition Hielo Continental 2009. Vous pouvez aussi écouter le Quotidien de la Mer d’Arielle Cassim du 3 septembre ici :

http://www.rfi.fr/radiofr/editions/073/edition_68_20090903.asp





Quelques images / some pictures

25 08 2009

Il y a encore beaucoup à faire sur le site pour mettre à jour les résulats de l’expédition. Mais en attendant, j’ai mis quelques images en ligne, afin de patienter un peu. Here : http://www.christianclot.com/images/ph-hic09-galerielight/index.html. A suivre !

There’s still a lot to do on the website. But I allready published some pictures here : http://www.christianclot.com/images/ph-hic09-galerielight/index.html.





Derniers jours / Last Days

7 07 2009

french_flag Nous avions promis une newsletter plus complète pour raconter nos derniers moments d’aventure… Lettre qui n’est pas encore venue. Il faut dire que les choses se sont un peu précipitées ces derniers jours. Un groupe de scientifique de la CEQUA (Centre d’étude de Punta Arenas) nous a proposé de les accompagner lors d’un repérage de quelques jours qu’ils devaient effectuer en bateau dans la régions du Seno Skyring. Une belle occasion pour nous de passer du temps avec eux, mieux connaître leur travail, partager les données que nous avions amassées sur le terrain et penser a de nouveaux projets. Un voyage parfait, sur un bateau splendide et confortable, bien loin de nos kayaks dont nous avons pourtant regretté l’absence. Un voyage qui nous laisse fort peu de temps désormais pour plier bagage, terminer les dernières formalités et entamer le retour vers l’Europe, qui débutera par une cinquantaine d’heure de bus en direction du Nord, avec l’avantage de pouvoir, durant ce trajet, passer le long de la côte patagonne Atlantique où les Tehuelches venaient passer les hivers trop froid proche des montagnes… Un choix qui s’imposait donc pour profiter jusqu’au bout de cette aventure. Et cette fois, peut-être pour la première fois véritablement depuis le début du voyage un peu de temps pour souffler. Et plus d’excuse pour ne pas écrire cette fameuses Lettre du Hielo…

uk-flagWe had promised a more complete newsletter to relate the last part of our adventure… Letter which we have not been able to write yet as our schedule was somewhat tumbled over by a group of scientists from the CEQUA (Punta Arenas research center) who invited us on a few days location trip in the Seno Skyring territories. It was a great opportunity for us to spend time with them, better understand their work, share the data we had collected and think about new projects. A perfect trip on a fabulous and very comfortable ship, miles from what we had known on kayaks (although we did miss them somewhat). This trip has left us little time to pack, do the last formalities and be on our way back to Europe, a journey which will start by around 50 hours on a bus heading north. This trip will take us along the Atlantic Patagon coast where Tehuelches probably spent colder winters, sheltered by mountains… A must for us to enjoy the adventure to the last and may be, for the first time since we took off, a bit of respite and time to… write this Hielo Newsletter.





Derniers coups de rame / Last Stroke

27 06 2009

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Nous venons de donner nos derniers coups de rame. Avec eux se termine la partie terrain et continue de l’expédition Hielo Continental. Plusieurs mois sur les lieux de vie des Indiens Tehuelches et Kaweskars, deux milles kilomètres à pied et en kayak… Une aventure que nous avons goûté a chaque instant. Mais il est trop tôt pour en faire le bilan, trop tôt pour raconter. Ce soir, nous dormirons dans un lit chaud à Punta Arenas après, nous en rêvons, un bon curanto, le plat local. Demain, il sera temps de revenir sur ces derniers jours, puis sur l’expédition… Merci à tous ceux qui ont cru en elle et ont donné des ailes à sa réalisation. Christian

uk-flagWith a last stroke of our oars we have ended the terrain circuit of the Hielo Continental expedition. Several months spent on the Tehuelche and Kaweskar Indians’ territories, two thousand kilometres on foot and by kayak… An adventure we have lived all the way through. It is too early yet to assess it, too early to tell. Tonight we shall sleep in a warm bed in Punta Arenas after a dreamed about curanto, the local dish. Tomorrow will be soon enough to go back on these last few days then on the expedition itself…. Thank you to all who believed in this adventure and who helped it come true.

Christian





Plus qu’une dizaine de kilomètres…/ The Last Stretch

26 06 2009

Enfin la neige....

Les paysages ont changés

french_flag Elle s’est fait un peu attendre, alors que beaucoup annonçait un hiver précoce. Mais elle est enfin arrivée. La pluie et ses affres humides a cédé la place à la neige. Une belle neige, froide, venue de gros flocons denses. En quelques heures, le gris-vert flouté derrière le rideau de pluie s’est ouvert d’un chatoyant drapé blanc, étincelant sous les premiers rayons de soleil. Un égayement rare. D’autant plus rares que le climat ne nous ménage pas pour cette dernière partie de l’expédition : depuis début juin, les vents se sont installés sur le sud patagon avec leurs frères chubasco (tempête) , tornando (rafales tourbillonnantes) et williwoo (rafales coup de poing). Des rafales qui se rappellent à notre bon souvenir, mais que nous avons maintenant appris à reconnaître ! Une information radio sur le canal 16 a annoncé des creux de 9 mètres et 180km/h de vent dans les canaux du nord. Enfoncé dans un fjord, sans pouvoir avancer ou revenir, nous n’avons pu qu’être les témoins privilégiés de ces conditions dantesques aux paysages sublimes. Sublime et trompeur. Après de telles tempêtes, les conditions normalement violentes apparaissent comme calme, incitant à s’engager dans une navigation tourmentée. Heureusement pour nous, les côtes offrent dans ce secteur un profil moins déchiqueté que jusqu’alors, laissant place à de nombreuses possibilités de camp. Seule stratégie possible, avancer, ne serait-ce que pour 15 minutes, à chaque respiration de la tempête. Accoster aussitôt qu’elle recommence à tousser. Monter la tente pour se protéger un peu et la démonter plusieurs fois par jour, ou marcher pour éviter de se refroidir. Mettre le kayak à l’eau pour parfois le ressortir sans attendre. Et apprendre que le mal de mer peu exister même en kayak dans la gite infernale qui nous apprend à danser. Malgré ces conditions, la fatigue de ne pas dormir la nuit à force d’écouter notre tente à la torture, le froid mordant qui nous accompagne, nous voyons arriver à pas trop rapide la fin de l’aventure. Si les vents le veulent, plus que un, deux jours avant nos derniers coups de rames, notre ultime accostage. Retrouver le calme sans le bruit constant des rafales et la peur tapie au creux des tempêtes. Perdre cette force de vie née des mêmes tourmentes, la liberté d’être. Pour quelques heures, nous savourons encore l’intensité d’un monde qui, jusqu’au bout, ne nous aura rien épargné et tellement apporté…

uk-flagAlthough many predicted an early winter she took her time and she is now with us. The rain and its damp venues have given way to snow. A cold and beautifully thick flaked snow. In a matter of a few hours, the hazy grey-green curtain of rain opened to a shimmering veil of white glittering under the first rays of sun. A rare moment of bliss made even rarer by the climate which plays rough on us for this last part of the expedition. Since early June, the winds have settled in the south together with their dear brothers… Chubasco (tempest), tornado (swirling gust) and williwoo (fist like gust). All these we know only too well but we have learned to foresee their arrival! One day channel 16 had announced 9 meter troughs and 180km/h winds in the north canals. Trapped at the bottom of a fjord, unable to move forward or return, we were the privileged witnesses of a hellish turmoil offering breathtaking sceneries. Breathtaking and misleading. After such tempests normally violent conditions seem relatively calm and inviting, blinding you to tormented currents. Fortunately for us, coasts in this area are more hospitable, offering more spots to set up camp. The only possible strategy in these conditions is to move forward, even if it is only for 15 minutes at each quieter breath of the climate. Several times a day, as soon as the tempest rises, we shore, mount the tent to protect ourselves somewhat or walk to keep warm. Sometimes we put the kayak in the water to immediately bring it back. We have also learned you can be sea sick in a kayak, forced as we are to follow this hellish dance. Despite these conditions however, the tiredness of not being able to sleep at night as we listen to our tent’s protests under such torture and the cold biting us, the end of the adventure is only too near. Winds willing, only one or two more days before the last stroke of the oar, and the final shore. We shall go back to the quiet, leaving behind the constant screams of the wind and the angst creeping from the bottom of the sea. We shall leave behind this elementary life force born from these very storms. We shall also leave the freedom of being. So for a few hours more, let us savour the full intensity of this world which, right up until the very end, without sparing us will have given us so much.





C’est reparti / Back on Track

15 06 2009

french_flag3Nous voilà repartis depuis deux jours, dans le fjord Ultima Esperanza puis vers Punta Arenas. Un secteur important pour terminer notre aventure dans les terres des Tehuelches et des Kaweskars puisqu’à la transition entre les deux mondes. Ultima Esperanza et les lagos Skyring et Otway sont en effet les seuls endroits où ces deux peuples séparés par les montagnes ont pu avoir des contacts, puisque dans les fjords et à la limite de la Pampa. C’est aussi le territoire où vivait le fameux Mylodon, animal préhistorique dont un bout de peau possédée par la famille de Chatwin a donné envie à ce dernier de venir en Patagonie. Il était important pour nous de terminer notre aventure par ces territoires, entre kayak et marche. Moins forestier, moins raides, les côtes offrent un paysage très différents que celui des canaux que nous avons connus jusque là. Seule la météo, pourtant normalement plus calme dans ces régions protégées par les plus hautes montagnes, ne change pas pour nous : au creux d’une très forte dépression, suivie par une amie à elle, nous sommes soumis a des vents très violents, des températures plutôt basses et beaucoup de précipitations. Il a d’ailleurs fallu nous éloigner un peu avec une camionnette de Puerto Natales afin de ne pas nous faire voir par l’armée qui ferme le port presque en permanence ces temps-ci, empêchant toute sortie de bateau, et donc de kayak. Certes, nous avons beaucoup hésité avant de prendre cette décision, il n’était pas question de prendre des risques inutiles après notre dernière mésaventure et pour les derniers coups de pagayes et kilomètres de marche de notre périple.

Mais d’une part, malgré des conditions qui vont sans doute rester mauvaises jusqu’à la fin du mois, il nous paraissait inconcevable de terminer l’aventure sur notre petit accident qui ne pouvait remettre en cause le besoins de découverte qui nous anime. D’autre part, nous allons évoluer majoritairement dans des fjords relativement protégés qui devraient, même soumis à des vents violents, créer peu de fortes houles, notre pire ennemi. Sans parler du fait que, contrairement a ce que nous avons connus jusqu’ici, il est possible de stopper sur la côte beaucoup plus fréquemment, nous assurant une sécurité optimale. Pas de soucis donc à passer outre les directive de l’armée et leur hypocrisie car, si nous étions sortit du port lors d’une des rares fenêtres d’ouverture officielle, ils n’auraient pu nous l’interdire, même avec de mauvaises conditions annoncées pour l’heure d’après. Nous voilà donc en route, heureux de l’être, dans ces paysages de rêve et rêvés, de passage dans une petite estancia avec Internet. Presque le paradis, avec une vue imprenable sur la région d’Ultima Esperanza… Merci a tous de vos encouragements et a bientôt pour la suite de l’aventure…

uk_flag2Two days now since me we left. We are in the Ultima Esperanza fjord, on our way to Punta Arenas. It is a major area to end our adventure in the Tehuelches and Kaweskars territories as it is at the frontier of both worlds. Ultima Esperanza, and both the Skyring and Otway lagos are indeed the only areas where these two tribes, normally separated by the mountains, could have met as here is where the pampas ends in the fjords. It is also the territory of the well known Mylodon. Chatwin’s family possessed a bit of skin from this prehistoric animal and this made him want to come to Patagonia.

It was paramount for us to end our adventure here exploring both by kayak and on foot. The coasts are not as forested nor as steep as the canal coasts we had encountered up to now and offer a very different scenery. Only the climate, which should normally be more stable in these areas which are protected by the highest mountains, does not change for us : At the heart of a heavy depression, followed by similar friends, we endure very violent winds, fairly low temperatures and heavy rains.

We had to leave Puerto Natales by truck so as not to be seen by the armada which closes the port almost all the time these days preventing ships from leaving and of course kayaks… We of course hesitated a long time before taking this decision. The idea was not to meet unnecessary risks after our last misadventure even for the sake of a few strokes on kayak and a few miles of trekking. On the one hand and despite bad weather conditions which promise to remain so until the end of the month, we could not prevent this strong desire for discovery that pushes us forward. On the other hand the area we are exploring now stands for the most part in relatively protected fjords which, even if there are violent winds, prevent the formation of heavy swell which is our worst enemy. There is also the fact that, unlike the canal coasts, these coast offer more frequent stopping points which ensure optimal security.

So we decided to bypass the armada control and avoid unnecessary hassle. We could have waited for one of the rare moments when the port is open and leave. They would not have been able to stop us even with predictions of heavy weather in the next hour.

Here we are now, happy to be on the road again, taking in these dream sceneries so long dreamed about. We are at present in a small estancia equipped with Internet (is that Paradise or what ?) with an awesome view on the Ultima Esperanza area.

Thank you all for your encouragements and… To be continued….





Port fermé… Port Closed

10 06 2009

french_flagDepuis hier matin, le port de Puerto Natales est fermé en raison de vents très puissant avec rafales. Nous qui nous étions préparé pour repartir au plus vite, nous voilà bloqué a Puerto Natales (rafales a 60 noeuds… Cela commence à faire comme on dit). Une situation qui risque de durer un peu, les prévisions pour ces prochains jours étant mauvaise, avec situation de risque de tempête, ce qui veut dire que le port restera fermé. Nous sommes inquiet vu les jours qui passent trop vite. Mais nous gardons espoir de voir la mer se calmer un peu, notre désirs de terminer notre aventure sur le kayak, de retrouver l’ambiance des canaux, ne serait-ce que pour quelques jours étant très fort….  L’armada en profite pour nous demander des examens médicaux suplémentaires, que nous allons devoir faire aujourd’hui. Au moins pourais-je voir a quoi en sont mes dents cassées dont l’une commence a me poser de sérieux soucis, alors qu’elle était resté relativement calme jusque là. Le retour en ville aurait-il une mauvaise influence ? Comme quoi, nous ne sommes jamais aussi bien que dans la nature. Car depuis 3 jours que je ne dors plus, cela devient pénible. Une autre raison pour vouloir partir au plus vite. Peut-être qu’une fois a nouveau concentré sur la progression de l’expédition, je pourrai oublier cette douleur. Mais si nous avons bien compris une chose ici, c’est que l’on ne peut commander aux vents.  Et qu’ils font bien ce qu’ils veulent !

uk-flagPuerto Natales harbour is closed since yesterday because of high winds and severe gusts (up to 60 knots this is what you call mean gusts). We were ready to leave as quickly as possible and here we are, blocked in Puerto Natales… Weather forecast for the next few days are pessimistic and talking of tempests. This means the port is to remain shut and we are stuck here  for a while. We are worried as days go too fast yet remain hopeful that the sea might calm down a bit. We so much wish to be able to go back to the canals, if only for a few days, and finish our kayak adventure… The armada has taken the opportunity to force us to have further medical check-ups and this is what we are about to do today. At least I will know how my broken teeth are doing. One of them is seriously hurting since in Puerto Natales and I haven’t been able to sleep in three days which is more than annoying. Could being back in town have an influence? Just to show that there is no better place than in the wild… Another reason to want to leave as quickly as possible. Once back on trak may be I’ll be able to forget this ache by solely concentrating on the expedition. One thing we have fully understood though is that here the winds command and they have a right mind of their own!





Un regard sur l’accident / Going back on the accident

6 06 2009

french_flag1Maintenant plus au calme, nous pouvons mieux analyser le déroulé de l’accident.

Cela faisait trois jours que le temps était incroyablement calme, presque sans vent ni courant. Des jours durant lesquels nous avions pu réaliser une très bonne progression. Comme nous devions ensuite traverser un large canal d’une douzaine de kilomètres, nous avions prit la précaution de nous renseigner si les prévisions étaient toujours bonne pour les jours suivant, ce qui devait rester le cas encore un jour ou deux. Aussi, c’est avec cette confiance teintée d’appréhension que nous avons toujours avant les traversées de plusieurs heures que nous avons quitté la protection de notre calleta dans la nuit, vers 7h du matin. Le courant était un peu plus puissant que la veille, le vent du Nord est plus régulier, mais rien de surprenant dans ces régions et bien loin d’empêcher notre navigation. Après une heure de traversée, les choses ont commencés à changer. A changer très rapidement comme cela peut être le cas ici. Le vent à forcit, se transformant en rafales tournantes toujours plus puissante. Nord est, Nord ouest, Sud ouest… nous ne pouvions jamais savoir de quelle direction allait venir la prochaine rafale, même si le flux majeur restait du nord. Avec le vent, les courants ont prit à leur tour de l’ampleur. Le pluriels est de mise, puisque nous étions confronté à la rencontre de trois courant : celui du stream nord-sud toujours présent dans ce canal, celui vers l’ouest de la marée montante et les différents courants générés par les vents. Une rencontre animée, avec des vagues devenant inquiétante vu de la hauteur de nos kayaks. Nous avons immédiatement décidé de retourner en direction de la côte, sans pouvoir revenir en arrière vers la calleta du matin, les courants du nord étant devenu bien trop puissant pour nous permettre d’aller à contre.

Plus nous avancions, plus les conditions devenaient violentes, à peine gérable pour deux kayaks certes bien préparés pour la haute mer, mais peu pour recevoir les sempiternels déferlantes irrégulières qui s’abattaient sur eux. Nous ne cherchions plus à avancer –les courants se chargeaient de cela pour nous- mais simplement à maintenir nos embarcation dans le flux. Chercher à savoir d’où viendra la prochaine rafale ; observer la côte qui se rapproche trop lentement, qui ne montre aucun signe de fracture, juste une paroi verticale régulière n’offrant pas d’abri ; Pagayer comme jamais pour que le kayak conserve une puissance nécessaire afin de rester à flot. A ce jeu, le corps s’épuise rapidement et l’esprit se désespère face à l’immensité brut et sans faille qui l’entoure. Bien que plus proche du fétu de paille, nous parvenions cependant à rester en équilibre sur l’eau et à nous approcher de la côte, ouvrant une petite porte à l’allégresse de penser que nous allions peut-être bientôt sortir de là, trouvant même un certain plaisir à cette navigation : une des plus extrêmes connues jusque là, mais d’une intensité correspondant bien à l’humeur de ces canaux. Je sais que je chante même à un moment, aidé par une adrénaline qui doit saturer mes veines. Mais tout bascule rapidement.

Est-ce parce que j’ai vécu plus dans temps en Patagonie, que j’en  ai déjà subit un, où un sixième, septième sens qui m’averti ? Je me retourne soudainement. Pas le temps de réfléchir. Ce que j’ai vu m’a à la fois glacé le sang et demandé de concentrer toutes mes forces sur les rames. Une ligne blanche avance sur nous à une vitesse considérable. Un williwoo, ce ne peut-être que cela. Une de ces rafales de quelques minutes pouvant dépasser les 150km/h et totalement  imprévisible. Un coup de poing qu’assène le vent à tous ce qui se trouve sur son passage. Pour les Kaweskars, ce vent était la mort que leur assénait Ayayema, divinité du mal et maître des vents. Pour nous, il pourrait en être de même. Mais je n’ai pas le temps d’avertir Mélusine, à 100 mètre devant moi et plus à l’est. Juste dans la direction du Williwoo. A peine retourné, impuissant, je vois la ligne blanche l’atteindre, son kayak se soulever d’un bloc dans les aires et retomber lourdement à cheval entre deux vagues, éjectant du même coup Mélusine de son habitacle. Je ne vois pas la suite, la rafale étant maintenant sur moi, prêt à subir le même sort. Mais j’ai eu le temps de cabrer légèrement ma direction, et je ne reçois pas le williwoo de travers, mais légèrement de dos. Et mon kayak double lourdement chargé, si pénible à manœuvrer  et faire avancer lorsque je suis à contre courant, est par contre plus stable et lourd que le Lola de Mélusine. Je suis secoué, comme jamais, mais le courant passé je suis toujours à flot. Je peux à nouveau me concentrer sur Mélusine. Elle est hors de l’eau, ouf, en train de nager pour rejoindre son kayak retourné qui flotte avec mal. Une fissure important au niveau du siège est visible lorsqu’il est poussé vers le haut par une vague. Le williwoo est passé, mais les vents et courants restent très violents. Je continue de maintenir avec peine mon Kala dans les flots, en ramant de travers pour rejoindre Mélusine. Lorsque j’arrive vers elle, dans cette mer démontée, accrochée à son kayak fissuré qui se rempli d’eau, je sais que je n’ai qu’une seconde pour prendre une décision, que je ne pourrai me maintenir à son niveau longtemps avec le courant qui m’emporte. Après, dans le calme de la tente, d’un lit, sortit de l’extrême de la situation, nous repensons toujours à ce qui s’est passé, aux différentes options qui auraient pu s’offrir à nous. Mais là, je ne vois qu’une possibilité. Nous sommes à plus de 500 mètres de la côte, dont nous nous éloignons avec un courant qui nous pousse vers le centre du canal. Mélusine ne peut retourner son kayak très chargé et de plus en plus rempli d’eau, dont la masse l’emporte rapidement à l’opposé d’où nous voulons aller, la relative sécurité de la côte. Bien qu’en mauvais état, son Belouga lui a cependant sauvé la vie, car il flotte toujours et lui donne un point d’appui alors que les vagues s’abattent sur elle sans complaisance.

Je lui crie d’abandonner son kayak et de monter sur le mien. Il y a peu de temps pour cette opération car, même en freinant de toutes mes forces, je ne parviens pas à maintenir mon kayak à son niveau. Son imposante masse offre trop de contact au courant. A mon grand désarroi, Mélusine refuse. Nous avons presque toute la nourriture et les équipements électroniques dans son kayak, sans parler bien entendu du kayak en lui-même. Je sais très bien ce qui lui passe par la tête. Depuis des mois que nous avançons dans ces canaux, nos kayaks sont devenus des seconds nous, nos bébés qui nous permettent cette découverte, que nous avons appris à aimer, dont nous nous occupons avec amour. L’abandonner est plus qu’un déchirement, c’est un acte contraire à toute la logique que nous avons construit jusque là. Elle s’accroche désespérément à lui, comme un capitaine qui refuse de quitter son navire lorsqu’il sombre. Mais moi, extérieurement, je sais que c’est exactement ce qui va se passer si elle refuse de le laisser partir, et je lui intime l’ordre, non plus en temps qu’ami ou partenaire, mais en temps que responsable de l’expédition, d’abandonner son kayak et de se hisser à bord du mien. Elle me passe le caisson de matériel électronique –nous avons tous les deux un caisson de matériel sensible que nous pouvons prendre d’un geste-, puis s’est la mutinerie. Elle reste accrochée à son Lola et essaye de nager avec. Si elle s’en sort, je la passe aux armes bon sang ! Car moi, je ne peux déjà plus rien faire. Je suis déjà trop loin, le courant ne me permet pas de me maintenir à son niveau, et je suis balloté dans tous les sens. Je crois que je hurle à m’en démonter les cordes vocales, voyant le kayak de Mélusine s’éloigner de la côte, avec elle qui essaye de nager. En vain. Heureusement, elle fini par le sentir. La dernière chose que je vois avec acuité est son regard lorsque ses mains lâchent Lola. Mais au moins peut-elle maintenant nager libre de son poids et dans la bonne direction. Je vois sa tête apparaître et disparaître entre le vague, sous les déferlantes. Et je ne peux l’aider, sinon en cherchant un point de côte calme et en lui indiquant la direction à suivre.

Dans le malheur, il y a souvent de la chance. La notre aura été que, le long d’une côte n’offrant sur des kilomètres que des parois verticales inutiles et une seule petite calleta protégée, nous ayons sombrés juste à son niveau. Que le matériel de camps, de cuisine, d’habits secs aillent été dans mon kayak, avec une réserve de nourriture de 10 jours. Que Mélusine soient une excellente nageuse. Que contrairement aux kaweskars qui sortaient rarement vivant d’un coup de williwoo en mer, nous ayons eu un excellent équipement, des kayaks aux combinaisons étanches. Et peut-être un peu de prémonition, puisque j’avais réparé un trou existant depuis 4 jours dans la combinaison de Mélusine justement ce matin là…

Il faut arrêter là ce trop long post. Une demi-heure plus tard, nous étions contre un rocher, abrité des vents, réunit tous les deux et en bonne santé, sinon un peu contusionné et extrêmement fatigué. Avec un peu de difficulté, nous avons pu monter un camp en coupant arbres et arbustes. Nous avons perdu Lola, le Belouga de Mélusine, qui a sombré quelques minutes après l’avoir lâché. Une perte dure, difficile à digérer et nous tenons à nous en excuser auprès de Plasmor qui nous a fait confiance. Nous avons perdu la majeure partie de nos équipements électroniques, le caisson les contenant s’étant fissuré et rempli d’eau. Mais nous sommes tous les deux vivant et en bonne santé. Lorsque l’on voit les statistiques des barques retournées en mer dans ces canaux, ce n’est déjà pas si mal….

Comme expliqué hier, nous voulions continuer avec un seul kayak. Mais l’armée, ordre venu de Valparaiso, à décidé de nous évacuer, compte tenu que le bateau Navimag qui ne passe qu’une fois par semaine passait justement ce jour là. Je n’en suis pas heureux. Mais si l’on considère qu’il avait été retenu exceptionnellement à Puerto Eden plusieurs heures, que c’était la première rotation d’un capitaine qui nous connaissait après ses vacances d’un mois, que l’appel leur est parvenu alors qu’ils étaient à moins de 4 kilomètres de notre point sur les 2000 de son trajet et que le temps s’est miraculeusement calmé au moment de rejoindre le bateau, on peu se poser la question si cette décision n’était pas la bonne…

Elle nous permet en tous les cas aujourd’hui de vouloir repartir dans les meilleures conditions possibles !

uk_flag1After a fews days rest, we can better analyse the sequence of events linked to the accident.

The weather had been particularly mild for the past three days, almost no wind nor currents. Three days which made for good progress. As we had to cross a large canal that was nearly a dozen kilometres wide, we had beforehand, asked about the weather forecast and it was confirmed it would remain  good for the following days. It was therefore with the same confidence mingled with apprehension that we always had on leaving the shelter of our calleta that we left around 7 in the morning, while still dark. The current was slightly stronger than the previous day, north-east wind more regular but nothing out of the ordinary for the areas and nothing to prevent us from crossing. After an hour, all seemed to change however and very quickly as it does here.  The wind became stronger, changing into more powerful swirling gusts. North-east, north-west, south-east… We never could guess from where the next gust would come from even if the bulk of the wind came from the north. Together with the wind, currents strengthened. We were confronted three meeting currents: The north-south stream of the canal, west current provoked by the rising tide and the different currents born from the winds. A rocky show with waves swelling to a worrying size considering the size of our kayaks. We immediately decide to go back to the coast although with no hope of reaching the calleta we had left that morning as the north current had become too powerful for us to try to go against it.

The more we went however the more violent weather conditions became. It was difficult to fight against with our two kayaks. Even if these were made for high seas they were not made to endure the constant attack of these breakers. At one point we stopped trying to guide them forward. The currents did that for us. All our thoughts went on maintaining our kayaks in the flow. Trying to guess were the next gust would come from, hope for the coast which seemed so slow to approach and  only offered vertical walls with no gaps for shelter and… row like crazy so that the kayak remains at sufficient speed to keep afloat. This kind of game rapidly drains the body of its strength and the mind looses hope on seeing the gapless walls.  Small twigs as we felt we still managed to remain afloat and slowly near the coast. This opened a small window of joy a the thought that we might get out of it, bringing with it a certain pleasure to this uncertain navigation, one of the most extreme and intense we had met up to now and totally in tune with the ambient folly. I remember singing at one point, largely helped by adrenalin saturating my bloodstream. But all is to change yet again.

I don’t know what urged me to look behind: Another life in Patagonia, previous enduring experience, a sixth or a seventh sense. And when I did what I saw made my blood curled and pumped my system to speed up on the oars. A white line was advancing on us at great speed. It could only be a williwoo. One of these totally unpredictable  few minutes long gusts can break the 150 km/hour speed. A great fist of wind knocking everything in its way. For the Kaweskars this wind was death brought by Ayayema, the god of both Evil and winds. And this was going to be our fate. But I don’t have time to warn Mélusine who is a 100 meters ahead and more to the east, right in the path of the williwoo. No sooner have I turned back to warn her, the white line strikes her, lifting her kayak in one piece and throwing it back down again heavily, ejecting Mélusine from it in the process. I do not see what follows as the gust falls on me. But I have had time to slightly twist around and instead of hitting me on the side, the  williwoo strikes from the back. My kayak, loaded more heavily than Mélusine’s Lola, is difficult to manoeuvre but it is also more stable. The wind shakes me like never but once the ordeal over, I am still afloat and can concentrate on Mélusine. To my great relief I see her swimming towards her upturned kayak which seems to float uneasily. I can see a large crack at the level of the seat when the kayak is pushed by the waves. The williwoo has come and gone but the winds and currents are still violent. I row as fast askew to try to keep my kayak afloat and reach Mélusine.  When I manage to reach her through this demented sea, she is clinging to her craked kayak which is filling with water. I know I only have one second to make a decision and that I will not be able to maintain my kayak at her level for long with the dragging current. Once in the quiet under the tent, or the warmth of a bed, once out of such dire situations we always think back on what happened and on the different options that could have offered themselves to us but at that very instant I only see one. We are more than 500 meters from the coast and being dragged away from it by a current that is dragging us to the centre of the canal. Mélusine cannot turn her kayak over because it is too loaded and filled with water. It is also dragging her in the opposite direction we want. Although in a poor state, her Belouga saved her life because still floating it offers her a precious gripping point against the waves that try to hack her.

I shout to her to abandon her kayak and climb on mine. There is little time to do this because even if I try to break as much as possible I cannot maintain my kayak at her level. Its greater mass offers too much biting surface to the currents. To my great dismay, Mélusine refuses. We have the greater part of our food in her kayak and the electronic  equipment. Let alone the kayak itself. I know what she is thinking. For months we have travelled these canals. Our kayaks have become extensions of ourselves. They have become our babies and carried us though this adventure. We have learned to love them and care for them with love. Abandoning it is more than a heart break it goes against all the logic we came to build up to then. She desperately clings to it like a captain who refused to leave his sinking ship. I know however what is going to happen if she refuses to let go and order her not as a friend or a partner but as the head of the expedition to let go of her kayak and climb onboard mine. She hands me the container of electronic equipment – we both have a container of sensitive equipment that we can grab with one hand – then it is mutiny. Still clinging to her Lola, she tries to swim with it. If she pulls through I’ll kill her myself! I cannot do anything. I am already too far and the currents prevent me from keeping at her level and I am swinging dangerously on all sides.  I think I scream at breaking voice point, seeing her kayak gliding away from the coast and she trying to force it back. Thank fully she finally understands. The last thing I can sharply see is her look as she lets go of Lola. At last she can swim free of its weight and in the right direction. I see her head bobbing up and down in the great breakers. The only way I can help her now is by trying to see a calm spot and shout her  the direction to follow.

In heavy times luck often open the doors. Ours was to find the only calleta in this vast expand of vertical walls. A small sheltered spot appearing at our level. Our luck was that all our camping gear –tent, cooking equipment, dry clothes and 10 days of food were in my kayak. Our luck was that Mélusine is a fantastic swimmer. Our luck was that contrary to the Kaweskars who rarely survived the williwoo, our equipment was excellent, from our kayaks to our dry suits. A little premonition came along the way too as that very morning I had repaired a four days old tear on Mélusine’s suit…

Time to stop this already too long post. Half an hour later we were sheltering against a rock from the winds. Together and alive. Slightly bruised and extremely worn out. With a bit of difficulty we have managed to set up camp by cutting a few trees and bushes. Lola, Mélusine’s Belouga, sank a few minutes after she had let go of it. It is a heavy loss that is difficult to accept and we apologize to Plasmor who had entrusted us with it. We have lost the most of our electronic equipment, the container having filled with water due to a crack. But we are both alive and in good health and when you look at the statistics for small rowing boats in these canals, it is something indeed…

As explained yesterday, we wanted to carry on with only one kayak. The army however, following an order coming from Valparaiso, decided to evacuate us as the Navimag ferry which only sails once a week happened to be nearby on that day. I cannot say I am happy about this decision. However, if one considers that this ferry was exceptionnaly delayed in Puerto Eden for several hours, that it was the first rotation after a month’s holiday of a captain we had met before, that the order of rescue was given to them when they were only 4 kilometers away from us on their 2000 kms route and that the weather miraculously calmed down when we took the kayak to reach the ferry, one can only wonder if this decision was not the best…
It enables us anyway to now pursuie our expedition in the best possible conditions.




Malgré nous… / Against our will…

6 06 2009

Une des dernières images de Mélusine sur Lola / One of the last picture of Mélusine on her Lola

french_flag3Après notre accident (voir dans un post à suivre demain ce qui s’est passé) du 2 juin, les choses se sont un peu précipitées, contre notre volonté.

Une fois de retour à terre, la tente montée, nous avons pu faire le point sur notre situation. La perte du kayak de Mélusine et le stress de l’accident dus à un changement brutal de météo nous avait fortement affectés. Une grande part de notre nourriture, les équipements électroniques –dont le caisson les contenant avait été éventré- et de réparation avaient également disparu avec Lola, entraînés vers les fonds de plusieurs centaines de mètres à notre position.  Bien que peu brillante, notre situation n’était pas désespérée. Outre le kayak double de Christian, il nous restait tous les équipements de camp et de la nourriture pour dix jours, soit une vingtaine en nous rationnant. Mais plus que tous, excepté de fortes contusions dorsales et cervicales pour Mélusine ajoutées à une profonde fatigue, nous étions tous les deux là, vivant et sans blessure grave. Presque un miracle dans les conditions que nous avions subies. Nous avons donc pris la décision, selon le principe que nous nous étions fixé au préalable, de ne pas demander de secours et de poursuivre notre trajet avec un seul kayak, au moins jusqu’à un site où des pêcheurs auraient pu nous aider avec de la nourriture. Mais l’armada chilienne en a décidé autrement.  Une fois ce bilan effectué, nous les avons prévenus par téléphone satellite de l’incident et du fait que nous ne pourrions plus communiquer avec les bateaux faute de VHF. Ils nous ont demandé un bilan complet de la situation et nous les avons informé que nous allions continuer l’expédition. Puis nous sous sommes couchés pour nous reposer de nos émotions. Il était alors 14h30. Vers 16h00, dans un demi-sommeil, j’entends un bruit de moteur et de corne de brume. Je m’en soucie peu, des bateaux passant régulièrement dans le canal en signalant leur présence en cas de brouillard à l’aide de corne de brume. Je me recouche. Mais  au bout de 30 minutes, non seulement le bruit de moteur ne s’est pas éloigné, mais les coups de corne de brume persistent. Cette fois pleinement réveillé, je me décide à jeter un œil par la porte de la tente… pour me trouver « face à face » avec l’énorme masse du ferry Navimag, à une centaine de mètre de nous, ancre baissée, se maintenant péniblement dans les courants toujours violant.  Bien loin de sa route, il ne pouvait être là que pour nous… et depuis un petit moment déjà. Sans pouvoir communiquer directement avec lui, nous appelons l’Armada par téléphone. Nous nous sommes à peine présenté que le factionnaire nous intime l’ordre d’une évacuation immédiate. L’ordre vient du général directeur des opérations maritimes de Valparaiso. De loin, dans un bureau, après ce que l’on peut imaginer être le téléphone arabe de la remontée de l’information, cette décision est sans aucun doute justifiée. Pour nous, elle nous parait sans fondement et nous pensons à refuser cet ordre. Mais dans le canal, les hommes du ferry « Puerto Eden » de Navimag, malgré que le bateau continue d’être chassé par les courants, commence à descendre une barque de sauvetage. Plus pour ces hommes qui ont dérouté leur navire et sont maintenant prêts à venir nous chercher, nous rappelons l’Armada pour confirmer l’évacuation et que nous allons nous rendre vers le ferry par nos propres moyens afin d’éviter que l’équipage ne prennent des risques inutiles.

15 minutes plus tard, dans une mer qui s’est miraculeusement soudainement calmée, nous nous approchons de la masse imposante du Navimag, qui descend une échelle de secours. Je les vois déjà nous demander de monter à bord en abandonnant notre kayak et derniers équipements, ce que j’aurais refusé sans appel. Mais plusieurs hommes descendent la rampe, attrapent notre embarcation et, après nous avoir fait monter à bord, chargent notre kayak sur la rampe qui remonte.

Avec une amabilité sans faille ils prennent soin de nous, surpris de ne voir que deux personnes en bonne santé. Plus tard, le capitaine nous expliquera qu’ils ont reçu un ordre d’évacuation d’urgence pour une dizaine de personnes dont une fille gravement blessée. Une fois sur site, il a même du décider de couper ses instruments de communication, lassé de recevoir toute les 2 minutes des appels venant de Punta Arenas, Puerto Natales, Santiago et Valaparaiso lui demandant de rendre des comptes du sauvetage en cours. Un sauvetage qu’il ne voulaient pas réaliser dans ces conditions et que nous n’avions pas demandé. Ceci dit nous ne pouvons que remercier avec chaleur la gentillesse et l’aide de l’équipage du Puerto Eden qui nous a accueilli à bord avec chaleur, après nous avoir mis à disposition une cabine et le mess des officiers pour nous restaurer.

Nous voilà donc à Puerto Natales, où nous devions arriver, avec un fort goût de tristesse et d’inachevé, même si cet évènement est survenu en fin d’expédition et que nous avions fait la majeur partie du trajet. Tristesse pour Le kayak disparu, pour ne pas être arrivé à Puerto Natales par nos propres moyens. Amertume pour ce « sauvetage » et les journalistes, nombreux à notre arrivée, en quête d’un sensationnel pour lequel ils ont été déçus. Aussi, après un peu de repos, nous allons sans doute repartir en kayak, afin de terminer notre aventure comme presque elle l’aurait du, assis dans un kayak jusqu’aux ultimes coups de pagaies. A suivre…

uk_flag1After our accident (to be detailed tomorrow) which took place on June,2, events precipitated themselves, against our will.

Once in the bay and the tent up, we could assess the situation. The loss of Mélusine’s kayak and the stress linked to the accident provoked by a brutal change in the weather had severely affected us. Most of our food, the electronic equipment (kept in a container that broke) as well as the repair gear had disappeared with Lola, sinking several hundreds of meters from our position. Although not brilliant, our situation was not desperate. We still had Christian’s double seater kayak, the camping gear and food for 10 days… 20 if we rationed ourselves. Above all, despite Mélusine’s strong dorsal and neck concussions and extreme tiredness we were both there, alive and without any serious injuries. A near miracle after what we had been through. We had therefore decided , following the line we had fixed ourselves , not to ask for rescue and carry on our journey with the remaining kayak, at least until we reached a fishing port where fishermen could have helped us by providing food. The Chilean armada however decided otherwise. Once our decision taken we had told them via the satellite phone that we could not communicate with boats because of the loss of our VHF. They asked us for a detailed report on the situation and we informed that we wished to carry on the expedition. Then we lied down to try and get some rest. It was then 2:30 pm. Around 4 pm, half dozing, I heard the noise of an engine and a foghorn. I didn’t pay it too much attention as ships sail this canal signalling their presence in case of fog. 30 minutes later however, not only had the engine noise not gone away but the foghorn was blown persistently. Fully awake this time, I decided to peek through the tent door to find myself facing…the enormous bulk of the “Puerto Eden” – the Navimag ferry -  standing a hundred meters or so from us, her anchor down and trying to maintain herself in the still violent currents. Far away from its normal route, she could only be there for us… And had probably been there a while. Not being able to communicate with her, we called the armada. No sooner had we identified ourselves that the soldier ordered us to evacuate immediately. The order came form the general director of maritime operations in Valparaiso. This decision, taken from his office after hearing a no-doubt grape vine report of the situation was certainly justified  but for us it seemed unfounded and we thought of refusing the order. However we saw that despite the Puerto Eden fighting against currents men were preparing to launch a rescue boat. For these men’s sake and to avoid them taking unnecessary risks we called the armada back to confirm that we would evacuate and would reach the ferry on our own.

15 minutes later, as the sea miraculously calmed down we approached the imposing “Puerto Eden” and saw a ladder being throwned down for us. I feared they would ask us to get on board and abandon our kayak and remaining equipment. This I would have adamantly refused. However several men climbed down the ram, grabbed our kayak and, after having made us climb on board, brought the kayak up with the ramp.

The welcomed us on board with great kindness, surprised only to find two healthy people. Later.the captain explained that they had received an order to urgently evacuate around ten people, one of them being a severely injured young woman. Once arrived on the rescue spot he had even had to switch all communications off so annoyed had he been to be called every other minute by the armada from Punta Arenas, Puerto Natales, Santiago and Valparaiso, each time asking for news of the rescue. A rescue they did not want to perform in such weather condition and that we had not asked for. This said we can only give our warmest thanks to the “Puerto Eden” crew for their kindness and the way they welcomed us on board, for giving us a cabin and offering us food in the officer’s mess.

Here we are then, back in Puerto Natales, which was our destination. But with great sadness and the strong feeling that we have been robbed of our achievement, even if this happened near the end of our journey. Sad to have lost the kayak, sad for not having arrived at Puerto Natales through our own means. Bitter about this “rescue” and the many reporters who were waiting for us in the hope for sensational news and who went back empty handed. After resting a while, we shall most probably take the kayak again so as to end the adventure as it should have ended, which is sitting in a kayak right up to the last stroke of the oar. To be continued…





Accident

3 06 2009

french_flag3Hier, Christian et Mélusine se sont fait brutalement surprendre en plein milieu d’un canal par le Wiliwoo bien connu pour  ses violentes bourrasques tourbillonnantes atteignant plus de 150 Km/h. La houle s’est levée jusqu’à quatre fois leur hauteur et Lola, le kayak de Mélusine s’est vu soulevé et retourné pour finalement retomber et se casser à moitié. Mélusine réussi à se dégager et nager vers Christian qui pagayait vers elle pour la sauver, tout en essayant de ne pas se faire renverser aussi.

Ils ont pu atteindre un site de camp et c’est là qu’ils sont coincés actuellement. Le caisson contenant le matériel électronique de communication s’est cassé et à sombré, avec Lola..Heureusement le téléphone Iridium était dans le kayak de Christian. Il leur reste dix jours de nourriture.

Aujourd’hui, malgré la perte de leur cher Lola le moral est meilleur. Ils ont pu joindre les autorités qui veulent les récupérer, mais un site de pêche  se trouvait à 10 jours de navigation de là où ils se trouvent c’est vers cette option qu’ils se dirigent afin de poursuivreleur aventure. Contrairement à Lola qui a sombré, le kayak Kala est un biplace qu’ils peuvent donc utiliser à deux.

Pour le moment cependant ils ne peuvent pas bouger, la houle est toujours aussi violente.

uk_flag1Yesterday, in the middle of the canal, Christian and Mélusine were brutally shaken by the Wiliwoo, well known for its violent and swirling gushes speeding well over 150km/h. The swell rose up to four times their height and Lola, Mélusine’s kayak was suddenly lifted and turned over to finally fall and near break in two. Mélusine has managed to disengage herself from Lola and swim towards Christian who was speeding to her rescue while trying not to overturn.

They both managed to reach a small camp site and this is where they are stranded now. The watertight box containing the communication equipment broke and sank with Lola. Fortunately the Iridium telephone was in Christian’s kayak. They have ten days of food left.

Today , despite the loss of their dear Lola, the spirits are better. They managed to join the autorities who want to rescue them. However because they know that there’s a small port ten days away, they would prefer to navigate to that port in order to pursue the adventure. Unlike Loka, Kala is a two seater. They can therefore use it.

For the moment however they can’t move as the swell is still as violent.